Humanisme et constructivisme
From Liberpedia
L'humanisme consiste Ă considĂ©rer les ĂȘtre humains comme des ĂȘtres humains : des individus qui ont tous les mĂȘmes droits, et sont responsables de leurs actes.
- Nous avons souligné dÚs le début qu'il existait deux visions de la société, une vision mécaniciste et une vision humaniste. Bien évidemment, la premiÚre vision est celle des constructivistes. Mais nous le savons, les libéraux pragmatiques ou utilitaristes sont également proches de cette vision : ils se fixent des objectifs collectifs, mais ils considÚrent que, d'un point de vue pratique, il est parfois préférable de laisser faire les individus. Comme Friedrich Hayek l'a souligné, la véritable distinction n'est pas la distinction habituelle entre les socialistes et les conservateurs (ou la droite et la gauche), mais entre les constructivistes et les libéraux, c'est-à -dire entre ceux qui pensent possible de « construire » une société et ceux qui pensent qu'il faut laisser agir les individus sans que l'on puisse savoir ce qu'il en résultera.
- Pascal Salin, Libéralisme (http://www.amazon.fr/gp/product/2738108091?ie=UTF8&tag=consumerismec-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=2738108091).
- La supériorité du capitalisme sur le communisme c'est qu'il n'a pas été nécessaire de l'inventer.
- Coluche
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Humanisme
Humanisme et égalité
En agissant sans demander leur avis aux autres, chacun se reconnaĂźt ipso facto comme un ĂȘtre humain ayant le droit de faire ce qu'il veut avec ce qui est Ă lui, Ă commencer par son corps : chacun respire, parle et mange sans demander l'autorisation Ă autrui. (cf. la dĂ©monstration de Hoppe et la prĂ©sentation des principes du Droit libĂ©ral)
Chacun reconnaĂźt donc ce droit Ă soi-mĂȘme : la question est donc de savoir s'il est cohĂ©rent et le reconnaĂźt Ă©galement aux autres, autrement dit s'il accepte l'idĂ©e d'un droit universel et commun Ă tous les ĂȘtres humains, ou s'il prĂ©fĂšre simplement la loi du plus fort.
L'humanisme consiste Ă considĂ©rer que les ĂȘtres humains ont des droits parce qu'ils sont des ĂȘtres humains, et que dĂšs lors ces droits sont les mĂȘmes pour tous les ĂȘtres humains : c'est ce qu'on appelle l'Ă©galitĂ© en Droit, ou plus correctement, l'identitĂ© des droits. Le mĂȘme principe se retrouve dans la notion de Droits de l'homme bien comprise.
Humanisme et libéralisme
L'humanisme bien compris est donc synonyme du libĂ©ralisme bien compris : dans les deux cas, le principe de base est l'identitĂ© des droits entre les ĂȘtres humains.
Humanisme et responsabilité
Le corollaire du fait de respecter les ĂȘtres humains en tant que tels est de les considĂ©rer Ă©galement comme responsables : un objet, une poupĂ©e, une chaise ou mĂȘme un animal ne peuvent pas ĂȘtre tenus Ă rembourser des dĂ©gĂąts, et ne sont donc pas responsables de leurs actes.
Si, comme nous l'avons relevĂ©, le constructiviste considĂšre souvent lui-mĂȘme comme un ĂȘtre humain et non le reste de l'humanitĂ©, dans le cas de la responsabilitĂ© c'est au contraire sa propre humanitĂ© qu'il nie :
- Les politiciens ne sont pas responsables, puisque ce sont les autres qui devront supporter les conséquences de leurs actes : c'est l'irresponsabilité institutionnelle.)
- Le recours à l'argument d'Eichmann implique lui aussi un déni de responsabilité.
Constructivisme
Constructivisme et égalité
Le construviste au contraire ne reconnaĂźt pas que les ĂȘtres humains ont des droits par le simple fait d'ĂȘtre des ĂȘtres humains. Ils peuvent tout au plus avoir des "droits" qui leur sont accordĂ©s par la loi, mais fondamentalement, le constructivisme implique nĂ©cessairement une inĂ©galitĂ© : tous ne peuvent pas dĂ©cider Ă la fois selon quel Plan construire le socialisme.
Ainsi, pour le constructiviste, les gens sont cons - sauf lui. Pour lui, les gens ne savent pas comment s'habiller, quoi manger, quelle couleur leur maison doit avoir, combien de fenĂȘtres elle doit avoir, pour quel salaire travailler, comment choisir ses employĂ©s, quoi Ă©tudier Ă l'Ă©cole, etc. Lui, non seulement il est certain qu'il sait tout cela pour lui, mais il est Ă©galement persuadĂ© qu'il le sait aussi pour tous les autres. MĂȘme les gens qu'il n'a jamais vus, il est convaincu qu'il sait mieux qu'eux-mĂȘmes ce qui est bien pour eux.
Humanisme contre constructivisme
Le contraire de l'humanisme est le constructivisme : le constructivisme consiste Ă considĂ©rer les ĂȘtres humains (ou plutĂŽt tous les ĂȘtres humains Ă l'exception du constructiviste), comme des poupĂ©es, des jouets, bref des objets avec lesquels "on" peut construire ce qu'on veut. D'oĂč bien sĂ»r la notion de construction du socialisme, alors que le capitalisme ne se "construit" pas.
Pour le consctruviste, le monde peut se rĂ©sumer Ă une partie d'un jeu vidĂ©o tel que SimCity ou The Sims : il y a un nombre de paramĂštres limitĂ©s, les rĂ©actions des individus Ă ses dĂ©cisions sont prĂ©programmĂ©es et donc prĂ©visibles, et lui-mĂȘme est un dictateur omnipotent et immortel, arrivĂ© lĂ on ne sait comment, mais sachant mieux que les individus concernĂ©s ce qui est bien pour eux et ce que leur avenir doit ĂȘtre, et que les individus, justement, ne sont rien d'autre que des pixels qui bougent et qu'il peut donc diriger Ă sa guise.
Ainsi, un enfant qui joue avec des poupées peut décider librement :
- Dans quelle maison Ken et Barbie vont habiter ;
- Si Ken et Barbie peuvent ou non sortir ensemble, quelle peut ĂȘtre leur orientation sexuelle, etc. ;
- Ce que Ken et Barbie peuvent manger, fumer, et boire ;
- Quelles autres poupées Ken et Barbie peuvent inviter chez eux ;
- Et bien sûr, comment Ken et Barbie doivent s'habiller.
L'humaniste est celui qui a compris que s'il peut certes ĂȘtre amusant de jouer ainsi avec des poupĂ©es, il n'a pas le Droit de jouer ainsi avec d'autres ĂȘtres humains, puisque lui-mĂȘme reconnĂąit qu'eux n'ont pas le Droit de jouer ainsi avec lui (principe d'universalitĂ© des rĂšgles de justice et d'identitĂ© des droits).
Ne sont donc pas humanistes mais au contraire constructivistes ceux qui :
- RĂ©glementent le marchĂ© du logement et du terrain (zoning laws, autorisations de construire, demandes d'autorisation pour ne serait-ce qu'ajouter une fenĂȘtre Ă sa maison, et Ă©videmment, le mĂȘme principe poussĂ© Ă sa conclusion logique dans les pays plus communistes, attribution de logements par la corruption politique) ;
- PrĂ©tendent dĂ©cider de la vie sexuelle ou maritale d'autres ĂȘtres humains (lois sur le mariage, interdiction de l'homosexualitĂ©, interdiction du sexe avant le mariage, etc.) ;
- PrĂ©tendent interdire ou rĂ©glementer l'usage de l'alcool, du tabac, des drogues, ou mĂȘme de la nourriture trop grasse. La conclusion logique de ce genre de comportement est bien sĂ»r de considĂ©rer les ĂȘtres humains comme une propriĂ©tĂ© (http://ordre.net/?id=563) ;
- Prétendent décider à la place des propriétaires ce que ceux-ci peuvent faire avec ce qui est à eux, et donc qui inviter chez eux (discrimination) ;
- Réglementent la façon de s'habiller, par exemple en voulant imposer l'uniforme scolaire.
Le constructivisme selon Hayek
Le constructivisme, c'est aussi l'arrogance de vouloir imposer des institutions (et savoir quelles institutions imposer), contre l'ordre spontané qui émerge des libres choix individuels :
- Rationalism in this sense is the doctrine which assumes that all institutions which benefit humanity have in the past and ought in the future to be invented in clear awareness of the desirable effects that they produce; that they are to be approved and respected only to the extent that we can show that the particular effects they will produce in any given situation are preferable to the effects another arrangement would produce: that we have it in our power so to shape our institutions that of all possible sets of results that which we prefer to all others will be realized; and that our reason should never resort to automatic or mechanical devices when conscious consideration of all factors would make preferable an outcome different from that of the spontaneous process. It is from this kind of social rationalism or constructivism that all modern socialism, planning and totalitarianism derives.
- Friedrich Hayek, Studies in Philosophy, p. 85.
Si Hayek parle de rationalisme, c'est parce qu'il considĂ©rait le constructivisme comme une "surestimation des pouvoirs de la raison". Or, si les libĂ©raux cohĂ©rents reconnaissent que le concept de "constructivisme" chez Hayek corespond Ă quelque chose de rĂ©el, ils objectent Ă sa dĂ©finition qu'Ă l'Ă©vidence, si les constructivistes surestiment les pouvoirs de leur propre raison, c'est parce qu'ils ne font que mĂ©priser la rationalitĂ© des autres. S'ils nient leurs Droits, c'est parce qu'ils les considĂ©rent comme des objets Ă manipuler et non comme des ĂȘtres pensants qui savent des choses qu'eux-mĂȘmes ne peuvent pas savoir.
Conséquences et applications
Les implications épistémologiques et politiques de l'humanisme
L'humanisme conduit donc tout naturellement Ă rejeter :
- Le socialisme et le nazisme, car ils nient l'identitĂ© des droits entre tous les ĂȘtres humains ;
- La rĂ©ification, qui oublie que seuls les ĂȘtres humains peuvent agir ;
- L'argument d'Eichmann, car il tente de cacher le principe de responsabilité ;
- Le polylogisme et le relativisme et car eux aussi nient que les ĂȘtres humains ont les mĂȘmes droits ;
- L'esclavagisme, dont la conscription bien sĂ»r, pour la mĂȘme raison ;
- La guerre Ă la drogue et la rĂ©pression sexuelle, car lĂ encore elles nient l'Ă©galitĂ© en Droit et traite les ĂȘtres humains comme des objets ou des jouets et non des ĂȘtres humains.
Le constructivisme au quotidien et autres exemples
Pascal Couchepin veut rĂ©duire d'un tiers le nombre de fumeurs. [...] [il a] prĂ©cisĂ© qu'il ne considĂ©rait pas un prix de 10 francs par paquet comme «antisocial», «puisque se faire du mal Ă soi-mĂȘme n'est pas social». Pascal Couchepin explique que la part de fumeurs dans la population est dĂ©jĂ passĂ©e de 32 Ă 30%. «J'aimerais toutefois qu'elle recule jusqu'Ă 20%». Ce qui signifie qu'un fumeur sur trois devrait arrĂȘter la cigarette. Pour y parvenir, «il y aura plus de restrictions, mais sans exagĂ©ration», affirme-t-il.[1] (http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200001&sid=8578630) (TSR, 2007-12-30)
Mais deux fumeurs sur trois ne devraient pas arrĂȘter la cigarette ? Et pourquoi 20%, et pas 10%, ou 0,354 % ?
Les rues et les places sont convenablement disposées, soit pour le transport, soit pour abriter contre le vent. Les édifices sont bùtis confortablement ; ils brillent d'élégance et de propreté, et forment deux rangs continus, suivant toute la longueur des rues, dont la largeur est de vingt pieds. (Thomas More, Utopia [2] (http://yclady.free.fr/utopia.html))
The Peculiar History of Arthurdale (http://mises.org/story/2645)
Références
- Pascal Salin, Libéralisme (http://www.amazon.fr/gp/product/2738108091?ie=UTF8&tag=consumerismec-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=2738108091), ch. 1.
