Coup de Prague
Le coup de Prague, en février 1948, acheva la prise de contrôle de l’État tchécoslovaque par le Parti communiste. Le 25 février, le président Edvard Beneš accepta la démission de ministres non communistes et la recomposition du gouvernement proposée par Klement Gottwald. Le contrôle des forces de sécurité, les milices populaires armées, les comités d’action, les manifestations et la grève générale contribuèrent à la pression exercée sur le président et les adversaires politiques.[1]
La séance parlementaire prévue le 24 février fut annulée. Lors de la première séance suivant la prise du pouvoir, le 10 mars, Gottwald affirma que la recomposition du gouvernement s’était faite par une voie strictement constitutionnelle, démocratique et parlementaire. La consolidation du pouvoir s’accompagna de démissions de députés, de changements dans les organes parlementaires, de poursuites et du départ en exil d’opposants.[2]
Pouvoir et Droit
Une nomination présidentielle et un vote parlementaire ne prouvent pas, à eux seuls, l’absence de contrainte ou de violation des droits individuels. Du point de vue du Droit, il faut examiner les actes : qui a employé la force, qui a été privé de liberté et comment les biens d’autrui ont été traités. Une procédure ne peut justifier n’importe quel contenu.
La loi nᵒ 247/1948 Sb., adoptée le 25 octobre 1948, devint un instrument de la répression ultérieure. Elle autorisait l’internement administratif dans des camps de travail forcé, notamment par une voie qui ne supposait pas de condamnation pénale.[3] La Réforme monétaire tchécoslovaque de 1953 et les Manifestations de Plzeň en 1953 illustrent d’autres conflits entre le régime et les personnes dont il contrôlait le travail, l’épargne et les biens.
Voir aussi
- Camps de travail forcé en Tchécoslovaquie
- Droit
- Réforme monétaire tchécoslovaque de 1953
- Manifestations de Plzeň en 1953
- Coup de Prague sur Wikipédia
Références
- ↑ Bureau du gouvernement de la République tchèque, Od převratu do federace 1948–1968, 20 décembre 2008.
- ↑ Bibliothèque parlementaire et Archives de la Chambre des députés, „Osmičková“ výročí I – Únor 1948, 25 février 2018 ; Klement Gottwald, déclaration gouvernementale, Assemblée nationale constituante, 94ᵉ séance, partie 2, 10 mars 1948. La description de la procédure par Gottwald est celle du dirigeant de la prise du pouvoir.
- ↑ Loi nᵒ 247/1948 Sb. sur les camps de travail forcé, notamment les § 2 et 3.
