Monnaie

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Troc et monnaie

Types de monnaie

Nous pouvons distinguer les monnaies réelles, dont la stabilité de prix dépend de facteurs technologiques, et les monnaies fiduciaires, dont la stabilité de valeur est purement discrétionnaire.

Monnaie réelle

Monnaie fiduciaire

Monnaie et indice des prix

Inflation

Déflation

La monnaie comme instrument du vol étatique

Conditions préalables

Le cours légal

L’Etat rend obligatoire l’usage de sa monnaie, d’une part en lui conférant le statut de cours légal [1], ou en interdisant l’usage d’autres monnaies ou même la possession de métaux précieux pouvant être utilisés comme monnaie[2].

La monnaie fiduciaire

Une monnaie fiduciaire est constitué de papier ou de pièces qui n’ont que peu ou pas de valeur pour un autre usage que monétaire, contrairement par exemple à des pièces d’or ou d’argent. L’Etat peut donc librement créer de la monnaie, soit directement en imprimant des billets, soit indirectement (taux de réserve faible, prêt de monnaie qui n’est que virtuelle).

Les pseudo-garanties

L’étalon-or

Avec un système d’étalon-or, l’Etat promet d’échanger les pièces ou billets de banque contre de l’or à un taux donné. La monnaie doit donc garder une valeur proche de celle de l’or si l’Etat ne veut pas être amené à échanger toutes ses réserves d’or.

Cependant, il peut mettre fin à tout moment à cette obligation, qualifiant ce manquement par un euphémisme tel que « closing the gold window » employé par Nixon aux États-Unis.

Les taux de change fixes

Dans un système de taux de changes fixes, l’Etat se tient prêt à échanger de la monnaie nationale contre des monnaies étrangères à un taux de change déterminé.

Il peut cependant mettre fin à tout moment à cette parité de valeur en opérant une dévaluation.

La « monnaie pleine »

Méthodes concrètes de vol monétaire

L’inflation

L’inflation désigne l’augmentation de la masse monétaire. Lorsque l’Etat augmente la masse monétaire, les prix augmentent, et la valeur réelle de la monnaie (numéraire, épargne) diminue.

La redénomination (« enlever des zéros » d’une monnaie), neutre en tant que telle, est un symptôme de l’inflation.

La dévaluation

Dans un système de taux de change fixes, l’Etat décrète une dévaluation lorsque l’écart entre le taux de change officiel (de sa monnaie par rapport aux autres monnaies) et un taux de change correspondant aux conditions réelles du pays devient trop important. La monnaie nationale s’échange alors brusquement à un taux plus faible par rapport aux autres monnaies, ce qui se traduit en perte de pouvoir d’achat des produits étrangers pour ceux qui détiennent la monnaie nationale.

La réforme monétaire

Avec une réforme monétaire, l’État peut opérer un vol plus ciblé que l’inflation. Une nouvelle monnaie peut remplacer l’ancienne à des taux différents selon les montants, la forme des avoirs ou les catégories de détenteurs.

Le 1er juin 1953, le gouvernement communiste de Tchécoslovaquie impose une telle réforme. Pour les personnes remplissant les conditions d’éligibilité, les 300 premières anciennes couronnes en espèces sont échangées à raison de cinq pour une nouvelle ; l’excédent l’est à cinquante pour une. Les autres catégories subissent le taux de 50:1 sur la totalité de leurs espèces. Les dépôts d’épargne suivent un barème distinct. Certains avoirs bloqués depuis 1945 et certaines créances sont annulés.[1]

Une conversion uniforme à 5:1 aurait changé l’unité de compte. La conversion à 50:1 fait perdre à la fraction concernée 90 % de sa valeur par rapport à ce changement général d’unité. La confiscation vient des conditions inégales et de l’annulation des créances, auxquelles s’ajoutent les effets des nouveaux prix. Les pertes provoquent des grèves et des manifestations, notamment à Plzeň.

Voir aussi

Demande de monnaie et théorie monétaire

La quantité de monnaie ne suffit pas à expliquer son pouvoir d’achat : la demande d’encaisses compte également. Mises souligne lui-même que les variations monétaires ne touchent ni tous les prix au même moment, ni toutes les personnes de la même manière.[2]

Son théorème régressif fait cependant d’une valeur d’échange antérieure, issue d’usages non monétaires, une condition nécessaire de l’apparition de la demande monétaire. Juan Ramón Rallo conteste cette nécessité : l’anticipation d’une liquidité future peut soutenir la demande présente. L’utilité non monétaire préalable peut expliquer un chemin historique vers la monnaie sans démontrer qu’il soit le seul possible.[3]

La question de la liberté bancaire porte aussi sur le libre choix des contrats et sur les obligations effectivement promises. Une créance sur une banque et un dépôt de garde ne sont pas le même contrat. Selgin et White défendent la liberté de choisir des comptes à réserves fractionnaires comme des services de garde à réserves intégrales ; Rallo distingue la banque libre de la banque privilégiée.[4][5]

Conférences et débats

Usages industriels de l’or et réserve de valeur

Stock d’or hors sol et demande annuelle par usage. Sources : World Gold Council, Metals Focus et Refinitiv GFMS.

Les usages industriels de l’or sont réels, mais ne représentent qu’une petite part de sa demande annuelle. En 2025, la technologie représentait 6,5 % de la demande totale en poids, contre 43,5 % pour le placement privé et 17,3 % pour les achats nets des banques centrales et des autres institutions officielles. La fabrication de bijoux représentait 32,7 %. Le placement et les achats officiels totalisaient ainsi 60,7 % de la demande ; leur part était de 45,9 % en 2024.[6]

Le stock d’or existant offre une autre perspective. Fin juin 2026, le World Gold Council estimait que 44,8 % de l’or hors sol se trouvait sous forme de bijoux et que 45,3 % était détenu comme or de placement : lingots et pièces, fonds adossés à l’or physique, placements de gré à gré et réserves officielles. Les banques centrales détenaient 17,5 % du total. Les 9,9 % restants formaient une catégorie plus large, comprenant des usages technologiques, qui ne peut être assimilée à un total des usages industriels.[7]

Les bijoux peuvent eux-mêmes servir de parure, d’épargne et de garantie. On ne peut attribuer toute cette catégorie à des motifs exclusivement monétaires ou non monétaires.[8] L’utilité matérielle de l’or ne démontre donc pas que sa valeur de marché provienne principalement de sa consommation industrielle. Ces pourcentages portent sur des quantités demandées ou détenues, sans mesurer précisément les causes de son prix.

Références

  1. ↑ Česká národní banka, Peněžní reforma ; loi 41/1953, §§4–7 ; directive 159/1953, article 2.
  2. ↑ Ludwig von Mises, Human Action, XVII.4, The Determination of the Purchasing Power of Money.
  3. ↑ Juan Ramón Rallo, Crítica al teorema regresivo de Mises, 15 janvier 2016.
  4. ↑ George Selgin et Lawrence H. White, In Defense of Fiduciary Media—or, We are Not Devo(lutionists), We are Misesians!, 1996.
  5. ↑ Juan Ramón Rallo, Free or privileged banking: the true dichotomy, 26 juin 2013.
  6. ↑ World Gold Council, Gold Demand Trends: Q4 and Full Year 2025, 29 janvier 2026, tableau 1 ; pourcentages calculés à partir des tonnages publiés, avec la catégorie résiduelle incluse dans la demande totale.
  7. ↑ World Gold Council, Above-ground stock, mise à jour du 18 août 2026, estimations à la fin du deuxième trimestre 2026 ; pourcentages calculés à partir de tonnages arrondis.
  8. ↑ World Gold Council, Jewellery, 29 janvier 2026, sections sur l’Inde et le Japon.