Non-agression principle (NAP)

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Non-Agression Principle, principe de non-agression, c'est à dire que toute agression est illégitime. Règle générale du libéralisme.

Extrait de « For a new liberty: the libertarian manifesto Â» de Murray Rothbard traduit en français et adaptĂ© par Dilbert.

L’axiome de non-agression

Le Credo libertarien repose sur un axiome central : aucun individu ni groupe d’individus n’a le droit d’agresser quelqu’un en portant atteinte Ă  sa personne ou Ă  sa propriĂ©tĂ©. On peut appeler cela « axiome de non-agression Â», « agression Â» Ă©tant dĂ©fini comme prendre l’initiative d’utiliser la violence physique (ou de menacer de l’utiliser) Ă  l’encontre d’une autre personne ou de sa propriĂ©tĂ©. Agression est donc synonyme d’invasion, d’intrusion.

Si personne n’a le droit d’agresser quelqu’un d’autre, en bref, si chacun a le droit absolu d’être « libre Â» de toute agression, il s’ensuit immĂ©diatement que le libertarien approuve pleinement ce qu’on appelle gĂ©nĂ©ralement les « libertĂ©s civiles Â» : libertĂ© d’expression, de publication, d’association, libertĂ© de « commettre Â» des dĂ©lits sans victimes tels que la pornographie, les « dĂ©viations Â» sexuelles, la prostitution, (la drogue), toutes choses que le libertarien ne considère pas du tout comme des dĂ©lits, puisqu’il ne s’agit pas d’agression Ă  l’encontre d’une autre personne ou de sa propriĂ©tĂ©. En outre, il considère la conscription comme un esclavage Ă  grande Ă©chelle. Et puisque la guerre, et plus particulièrement la guerre moderne, entraĂ®ne l’exĂ©cution massive de civils, le libertarien considère de tels conflits comme du meurtre de masse, et donc comme quelque chose d’absolument illĂ©gitime.

Tous ces points de vue sont considérés comme “de gauche” sur l’échelle idéologique contemporaine. D’autre part, le libertarien s’opposant à l’agression contre le droit de propriété privée, il s’oppose tout aussi vigoureusement à l’intrusion du gouvernement dans les droits de propriété et dans l’économie de marché au travers de contrôles, réglementations, subventions ou interdictions. Car si chaque individu a le droit de posséder et de ne pas être agressé et volé, alors il a aussi le droit de se défaire de sa propriété (par la transmission ou l’héritage) et de l’échanger contre la propriété d’autres personnes (liberté de contrat et économie de marché libre) sans subir d’intrusion. Le libertarien est donc en faveur d’un droit de propriété sans restriction et du libre échange, c’est-à-dire d’un système capitalistique de laissez-faire.

Le libertarien ne voit aucune incohĂ©rence Ă  ĂŞtre « de gauche Â» dans certains domaines et « de droite Â» dans d’autres. Au contraire, il considère que sa position est virtuellement la seule qui soit cohĂ©rente du point de vue de la libertĂ© individuelle.

S’opposant Ă  toute agression individuelle ou en groupe contre les droits de la personne et les droits de propriĂ©tĂ©, le libertarien constate que, tout au long de l’histoire et aujourd’hui encore, il y a un agresseur central, dominant et prĂ©pondĂ©rant qui bafoue tous ces droits : l’Etat. Contrairement aux autres penseurs de gauche, de droite ou du centre, le libertarien refuse d’accorder Ă  l’Etat le droit moral de commettre des actions que quiconque jugerait immorales, illĂ©gitimes et criminelles si elles Ă©taient commises par une seule personne ou un groupe de personnes. Il insiste pour appliquer la règle morale gĂ©nĂ©rale Ă  tous, et Ă  ne faire aucune exception.

Si nous regardons l’Etat « tout nu Â», nous nous apercevons qu’il est autorisĂ© (voire encouragĂ©) Ă  commettre toutes sortes d’actes que mĂŞme les non libertariens s’accorderaient Ă  juger comme des crimes ou dĂ©lits rĂ©prĂ©hensibles. L’Etat est un habituĂ© du meurtre de masse, qu’il appelle « guerre Â», parfois « rĂ©pression de la rĂ©bellion Â». Il fait de l’esclavage par la « conscription Â» dans ses forces militaires. Il vit et tire son existence de la pratique du vol sous la contrainte, qu’il appelle « fiscalitĂ© Â». Le libertarien souligne que le fait que de telles pratiques soient approuvĂ©es ou non par une majoritĂ© de la population ne change rien Ă  leur nature : sanctionnĂ©es ou non par le peuple, la guerre c’est bien le Meurtre de masse, la conscription, l’Esclavage, et la fiscalitĂ©, le Vol. Bref, le libertarien, comme l’enfant de la fable, s’obstine Ă  rĂ©pĂ©ter que « le roi est nu Â».

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