Voleurs de pauvres

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La justice sociale, cause essentielle de l’exclusion du même nom

Les gens qui se battent pour la libre entreprise […]
ne défendent pas les intérêts de ceux qui se trouvent aujourd’hui être riches.
Ludwig von MISES, L’Action humaine
Le Droit de propriété,
qui interdit aux riches comme aux pauvres
de coucher sous les ponts
Anatole FRANCE

Pour une fois, une citation avec laquelle je ne suis pas d’accord. Elle aurait été bien plus pertinente si elle avait mentionné

“la propriété naturelle, qui interdit de voler aux puissants comme aux faibles”.

Car ce qu’a l’air d’y suggérer Anatole FRANCE, c’est que la propriété ne serait une contrainte que pour les pauvres, et ne gênerait guère les riches. Je souhaite rappeler un certain nombre de faits évidents, et d’autres qui le sont moins, pour montrer que l’intérêt suprême des pauvres est au contraire, bel et bien, que personne ne vole personne.

Table of contents

Rappel de quelques évidences

Le pauvre est prétexte à force politiques de redistribution, entreprises au nom d’une prétendue “justice sociale”. Or, à dénoncer celle-ci comme une escroquerie morale, on risque encore de faire de la peine à des gens sincères. Ils semblent penser qu’on pourait commettre une injustice sans violence, mensonge ni ignorance coupable, et à l'inverse, qu'on pourrait en toute innocence commettre des violences, organiser des tromperies et refuser de conaître les effets de ses actes.

On pourrait associer cette idée à la conception augustinienne, janséniste voire protestante de la nature humaine, réfutée par le canon 7 du Concile de Trente, où la nature humaine est si totalement pervertie par le péché originel que l’on pourrait faire le mal sans avoir aucune possibilité de le connaître.

On n’exprime pas toujours clairement cette idée, et c’est ce qui fait sa force parce qu’elle ne résiste pas à l’examen rationnel. Et lui opposer des “preuves” factuelles est quand même faire trop bon marché du fait que la propriété naturelle comme critère de justice - qui réfute toute idée d'injustice sans interférence avec la possession légitime - est logiquement prouvée et que l’expérience ne peut pas contredire la logique, parce qu’elle en est elle-même dépendante.

Pour reprendre les termes de Hans-Hermann HOPPE :

L'expérience ne peut pas l'emporter sur la logique, c'est le contraire qui est vrai. C'est la logique qui améliore l'expérience et qui nous dit quel est le type d'expérience qu'il nous est possible d'avoir et lesquelles sont au contraire le produit de la confusion intellectuelle, et qu'on fera donc bien d'appeler des "rêveries" ou des "fantaisies" plutôt que de les prendre pour des "expériences" de la réalité [1].

La “justice sociale”, c’est le n’importe quoi idolâtre de l’État

La propriété naturelle consiste à ne pas voler ni tromper autrui. Elle n’est pas seulement un principe traditionnel et irréfutable, universel et exclusif de tout autre, ce qui suffit à disqualifier toute définition concurrente de la justice, elle est aussi son seul critère objectivement observable.

Toute notion de “justice sociale” oppose expressément à la justice naturelle, dont elle prétend réformer les effets, une prétendue “justice distributive” incompatible avec elle. Elle ouvre donc la boîte de Pandore de l’arbitraire et du subjectivisme inhérents au socialisme. Et c’est une idolâtrie de l’État parce que seul Dieu peut être propriétaire et maître de toute chose, et sonder les reins et les cœurs au point d’apprécier les besoins en dépit de ceux qui les éprouvent, les mérites en dépit de ceux qui reçoivent les services.

La redistribution politique socialiste est faite par les puissants aux dépens des faibles

Mais il est une évidence bien plus sûre encore, c’est qu’on ne peut pas trouver de meilleure définition du pouvoir politique que d'être en mesure de faire impunément violence aux autres, ni de la faiblesse que d’être impuissant contre une agression.

Comme la propriété naturelle est toujours première, il en résulte de toute nécessité que toute redistribution politique socialiste qui la nie et prétend, soi-disant, la “réformer”, est faite par les puissants et s’exerce aux dépens des faibles.

Qui donc est puissant dans la dĂ©mocratie sociale ?

Il est vrai que dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique idĂ©ale au sens de ROUSSEAU, sociĂ©tĂ© de masse sans corps intermĂ©diaire, aux choix politiques dĂ©terminĂ©s par la seule cupiditĂ©, le candidat au pouvoir doit toujours voler la moitiĂ© riche pour y accĂ©der. Mais au profit de qui ? Si sa coalition majoritaire dĂ©passe les 50 %, il aura moins de butin Ă  rĂ©partir, entre davantage de receleurs, il risque d’être battu. Dans ces conditions, il y a bien des chances que les votes s’équilibrent. C’est donc l’électeur du milieu, l’électeur mĂ©dian, qu’il faut courtiser. C’est lui qui recevra l’essentiel des redistributions. Mais les candidats seront aussi sensibles aux lobbies, qui contrĂ´lent des blocs de voix et menacent de les donner Ă  l’adversaire, et aux riches, qui peuvent leur donner d’autres moyens de l’emporter dans la rivalitĂ© Ă©lectorale, notamment se faire connaĂ®tre ou acheter les juges. Ainsi s’organise la politique.

Dans ces conditions l’un et l’autre parti de gouvernement ont intĂ©rĂŞt Ă  faire, et feront largement la mĂŞme politique, le “parti des riches” devant constamment dĂ©pouiller ses propres Ă©lecteurs en s’efforçant de leur prĂ©senter comme pire l’autre terme de l’alternative. Comme le dit Anthony de JASAY, appliquant aux marges de manoeuvre de la politique les lois universelles de la tendance vers l'Ă©quilibre concurrentiel :

[que ce soit] avec l'argent de la minorité qu'il faut payer la majorité […] ne laisse guère aux hommes de l'Etat le choix du système redistributif à imposer […] le principe même de la "décision populaire" conduit à une situation où il n'y a plus grand-chose entre quoi décider [2].

Les pauvres sont des cons

Le pauvre c’est celui qui n’a pas su produire… ou voler suffisamment : il a donc peu de chances d’être lui-mĂŞme puissant, soit qu’il n’ait pas assez d’instruction, soit qu’on le dupe facilement. Le dessinateur REISER avait donnĂ© ce titre Ă  l’un de ses albums : Les pauvres sont des cons.

Car le pauvre qui devient puissant — le gangster cĂ©gĂ©tiste, par exemple — eh bien il devient riche (Michel de Poncins a calculĂ© le capital qu'il faudrait avoir pour se payer les avantages en nature des syndicalistes et autres fonctionnaires : ces gens-lĂ  arrivent Ă  le cacher, mais leur richesse est fabuleuse).

On pourrait appeler cela le Paradoxe de Robin des Bois. RenĂ© GOSCINNY l’a prĂ©sentĂ© dans une aventure de LUCKY LUKE oĂą Jesse JAMES, qui affecte de voler les riches pour donner aux pauvres, après lui avoir officiellement demandĂ© s’il l’était, donne Ă  un pauvre le butin d’un de ses vols — “je suis riche !” s’écrie celui-ci Alors Jesse JAMES le vole Ă  son tour, puisqu’il est riche.

Bref, lorsqu' il arrive que les riches ne soient pas puissants ni les pauvres faibles (cela peut se produire Ă  la suite d'une rĂ©volution), cela ne peut pas durer : avec un État voleur comme la dĂ©mocratie sociale, il faut que l'argent achète les armes et que les armes volent l'argent. La tendance est donc Ă  ce que les riches soient puissants, et les pauvres faibles. Ce n'est lĂ  qu'une tendance, l'un et l'autre sont formellement distincts, et c'est l'essence de la falsification marxiste de la lutte des classes que de postuler que les riches seraient automatiquement puissants : c'est une injustice ignoble que de traiter automatiquement les riches comme s'ils Ă©taient de puissants voleurs, et comme si les socialistes au pouvoir n'en Ă©taient pas. Cependant, cette tendance est toujours Ă  l'oeuvre.

Non seulement les pauvres ne peuvent pas acheter le pouvoir, mais on les trompe facilement. On comprendra mieux à quel point quand on aura mesuré l’ampleur de l’ illusion fiscale, l’ignorance qui règne sur les effets réels de la redistribution politique socialiste. Car celle-ci ne conduit jamais aux résultats promis. C’est d’ailleurs pourquoi tous ses adeptes haïssent les économistes, dont c’est le métier que de le savoir.

On peut mentionner au moins quatre grands procĂ©dĂ©s d’illusion fiscale :

— la violence indirecte, qui joue sur le fait que ce sont des Ă©changes que rançonnent les hommes de l’État, et que la plus grande victime du pillage n’est pas l’agressĂ© direct, mais celui qui peut le moins se passer de l’échange (c’est la loi fondamentale de l’incidence fiscale) : par exemple, les “cotisations” de “SĂ©curitĂ© Sociale” sont des taxes qui amputent les salaires, alors que ce sont les patrons que les dĂ©mocrates-sociaux vont menacer pour voler l’argent. Le comble de la rĂ©ussite en la matière est que les ouvriers applaudissent Ă  ce vol, croyant que les hommes de l’État qui s’en vont avec près de la moitiĂ© de leur paie ont volĂ© le patron Ă  leur profit. La mythologie des “conquĂŞtes sociales” repose essentiellement sur ce type d’illusion.
— l’amalgame entre le pillage redistributif et la vraie production, caractĂ©ristique des prĂ©tendus “services publics” : il s’agit de faire croire Ă  chacun qu’il profite de la redistribution parce que le service lui est utile. Par exemple, l’assurance contre les risques personnels prĂ©tendument fournie par la “SĂ©curitĂ© sociale”. Bien entendu, les “pauvres” sont l’alibi de ce pillage de tous (au profit des puissants). Le comble de l’amalgame rĂ©ussi consiste Ă  faire croire que le pillage politique serait indispensable Ă  la fourniture du service rĂ©el. Si les hommes de l’état avaient monopolisĂ© la production de chaussures, et les finançaient par le vol, il y aurait une majoritĂ© de gens pour dire que “si vous privatisez la production et le financement des chaussures, les pauvres iront pieds nus”.
— La concentration des avantages et la dispersion des charges : les receleurs membres des lobbies sont peu nombreux et reçoivent beaucoup chacun, les victimes du pillage perdent peu (et ont donc un faible intĂ©rĂŞt Ă  s’organiser).
— la persĂ©cution ostensible et corruptrice : il s’agit de voler beaucoup Ă  peu de gens prĂ©sentĂ©s comme riches, pour faire croire (en liaison avec les autres sources de l’illusion fiscale) que c’est ce groupe discriminĂ©-lĂ  qui paie, de sorte que la redistribution politique soit perçue comme une bonne affaire pour les autres. Par ailleurs, en les rendant complices de cette injustice manifeste, on les prive du droit moral de rĂ©sister aux autres prĂ©dations. L’impĂ´t progressif est l’exemple type de cette persĂ©cution ; pour des raisons de technique dĂ©mocratique, il remplace partiellement aujourd’hui la discrimination raciale qui est fondĂ©e sur les mĂŞmes principes et appelle le mĂŞme jugement.

Quelques politiques qui volent les pauvres alors qu’on croit le contraire

Rien n’est donc plus facile à quiconque connaît l’incidence réelle de la redistribution que d’énumérer des politiques qui volent les pauvres, alors que l’opinion reçue est qu’elles volent les riches au profit des pauvres [3]. ainsi,

— l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s, ostensiblement dirigĂ© contre les capitalistes, vole surtout les salariĂ©s : ce sont les marchĂ©s financiers qui dĂ©terminent la rentabilitĂ© nette des placements. Dans un pays affligĂ© par cet impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s, les capitalistes n’investissent que si la rentabilitĂ© brute est assez grande pour compenser cet impĂ´t, rĂ©tablissant la rentabilitĂ© nette imposĂ©e par la concurrence. Et il faudra bien prendre la diffĂ©rence sur le prix des fournitures de l’entreprise, donc largement sur les salaires. .
— L’incidence de la redistribution est aussi incertaine à l’arrivée qu’au départ. Ainsi, le versement transports, qui ampute les salaires pour subventionner les transports en commun, peut bien contribuer à les rendre moins chers sur le moment, encore que le monopole ainsi créé gaspille largement la subvention. Mais en attirant du monde sur les lignes, il renchérit les logements avoisinants, et se retrouve finalement dans la poche des propriétaires. De sorte que si vous êtes salarié, et que vous vous déplaciez par vos propres moyens, vous aurez l’avantage qu’on ampute votre salaire pour qu’on puisse vous faire payer plus cher votre logement.
L’impĂ´t ou la subvention porte toujours principalement sur l’objet le plus spĂ©cifique Ă  l’activitĂ© taxĂ©e : c’est pourquoi les subventions insanes au foutebole se retrouvent dans le prix des joueurs, celles Ă  l’opĂ©ra dans la poche des PAVAROTTI. C’est un raisonnement empruntĂ© Ă  l’agriculture, oĂą on le connaĂ®t depuis deux siècles sous le nom de thĂ©orie de la rente, c’est pourquoi, de mĂŞme,
— le protectionnisme agricole, qui appauvrit les acheteurs de produits alimentaires (les plus pauvres, proportionnellement, y dépensant le plus) profite exclusivement aux propriétaires fonciers, et d'autant plus qu'ils sont plus riches. Il n’y a aucun moyen de faire que de telles subventions, déguisées en monopole protectionniste ou expresses et directes, profitent au travail agricole, qui est toujours payé en moyenne 20 % de moins que les travaux urbains pour une formation équivalente.

Cependant, c’est souvent de manière plus expresse que la redistribution politique vole les pauvres. Il suffit alors que quelques-uns d’entre eux servent d’alibi aux riches profiteurs principaux. Ainsi,

— Il est bien connu que le logement dit social est peuplé par des gens en moyenne plus riches que la population dans son ensemble. Il semblerait que dans ce domaine-là aussi, les amis auxquels hommes de l’État préfèrent faire cadeau de dizaines de milliers de francs soient plutôt des gens aisés. Ces gens-là ne fréquentent pas n’importe qui…
— Les subventions aux "arts" et à la "culture" (musées, théâtres, opéras, bibliothèques) profitent essentiellement à une clientèle aisée.
— L'enseignement pseudo-gratuit n’est pas seulement un instrument de guerre civile parce qu’il sert Ă  censurer les opinions : c’est aussi parce qu’il permet Ă  la bourgeoisie petite et moyenne de forcer ouvriers et employĂ©s Ă  payer les Ă©tudes plus longues de ses enfants.

Enfin, il y a l’injustice couverte par une propagande qui falsifie constamment sa nature, comme

— le salaire minimum dont on parle comme s’il s’agissait d’une garantie de revenu. Or, il n’est absolument jamais rien d’autre qu’une interdiction de travailler imposée aux moins qualifiés, ceux dont le travail ne pourrait pas rapporter plus d’une certaine somme à un employeur éventuel. Et les receleurs de cette injustice, ce sont les autres salariés, par définition plus riches, que cette interdiction protège de leur concurrence.
— Mais on est toujours le pauvre de quelqu’un et rançonner un échange c’est l’interdire. L’impôt-subvention crée toujours des monopoles, et réciproquement. À son arrivée, on a l’exemple de l’enseignement, soumis à la concurrence déloyale des écoles subventionnées. À son départ, imposer le revenu des patrons individuels les prive aussi des moyens de concurrencer les entreprises plus grosses.

Ce qui nous permet d’arriver Ă  la dernière catĂ©gorie du vol de pauvres, celui qui, non content de les dĂ©pouiller directement, prive les autres du moyen essentiel d’amĂ©liorer leur sort :

— c’est le cas, entre autres, de la retraite par rĂ©partition : non seulement elle subventionne les bourgeois et les fonctionnaires, qui vivent plus longtemps et commencent plus tard Ă  travailler, aux dĂ©pens des pauvres, qui travaillent plus tĂ´t et meurent vite, mais elle freine l’accumulation du capital, dĂ©courageant les actifs d’épargner pour leurs vieux jours. Or, cette accumulation des capitaux matĂ©riels est le seul moyen d’accroĂ®tre le salaire de celui dont la compĂ©tence ne progresse plus, parce qu’elle lui permet encore de produire davantage et donc d’être mieux payĂ©, en associant Ă  son travail une quantitĂ© plus grande de capitaux matĂ©riels.
— C’est aussi le cas du déficit budgétaire, qui partage avec la retraite par répartition la caractéristique intéressante de vouer à l’esclavage les générations futures, et par ailleurs dissipe l’épargne réelle dans des fonds d’État qui, à la différence des fonds privés, ne servent pas à entretenir du capital matériel mais ne sont que de simples promesses d’argent volé.

Von MISES le rappelle :

“le pouvoir utilise une partie de l’épargne personnelle pour la consommation courante, et […] rien n’empêche les hommes de l’État d’augmenter cette part jusqu’à en absorber en fait la totalité [4]”.
Et il prĂ©cise encore : “L’Histoire ne fournit aucun exemple d’accumulation de capital productif rĂ©alisĂ©e par les hommes de l’État [5]”.

La redistribution politique socialiste est la cause de l’“exclusion sociale”

Le dĂ©mocrate-social Ă©cartera ces dĂ©monstrations comme thĂ©oriques (avec le simplisme et l’ extrĂ©misme, c’est ce qu’il y a lieu de dire quand on n’a rien Ă  rĂ©pondre : conseil aux aspirants politiciens) : car, voyez-vous, c’est la “crise”. En attendant que l’on puisse rĂ©duire leurs interventions, il faut bien que les hommes de l’État, comme des pompiers, parent aux urgences qui se dĂ©clarent ici et lĂ .

Bien entendu ces pompiers sont pyromanes et les feux, ce sont eux qui les allument. C’est la démocratie sociale qui crée le chômage, parce qu’elle interdit le travail et le rançonne, l’un et l’autre étant équivalents. Et c’est elle aussi qui crée la précarité parce qu’elle appauvrit tout le monde et multiplie les agressions.

Les interdictions de travailler

Par dĂ©finition, le prolĂ©taire c’est celui qui n’a pour richesse… que sa force de travail. Lui interdire de l’employer, c’est l’appauvrir radicalement. Ceux qui interdisent aux autres de travailler sont certes des esclavagistes : car la dĂ©finition correcte de l’esclavage, c’est agir comme si on Ă©tait propriĂ©taire du travail d’un autre, Ă  sa place : cela inclut de lui interdire de travailler comme de lui voler les fruits de son travail [6]. Mais ce sont avant tout, des voleurs de pauvres.

Nous sommes tellement habituĂ©s au chĂ´mage que des analphabètes Ă  la FORRESTER peuvent Ă©chapper au ridicule public en prĂ©tendant que l’emploi va disparaĂ®tre. Or, la question ne se pose de façon aiguĂ« qu'en France et dans les autres pays europĂ©ens, parce que c’est lĂ  que les hommes de l'Etat mettent tout leur zèle Ă  interdire de travailler : pas seulement le salaire minimum mais toutes les dispositions autoritaires du code du travail, dont, les conditions de diplĂ´mes, d'âge, etc. et autres interdictions de produire et d'Ă©changer.

Comme en dernière analyse, les services s’échangent contre les services (FrĂ©dĂ©ric BASTIAT), il faut rappeler Ă  cette occasion que toute interdiction d’échanger, quand elle proviendrait d’un règlement de construction ou d’une taxe Ă  l’importation, est Ă©galement une interdiction de travailler. Et toute interdiction de travailler est elle-mĂŞme une interdiction d’acheter les services d’un autre : elle dĂ©prime l’emploi non seulement directement mais indirectement.

Les punitions pour avoir travaillé

Quand ils ne l’interdisent pas dĂ©libĂ©rĂ©ment, les hommes de l’État rançonnent le travail. Mais rançonner une activitĂ© c’est l’interdire au-delĂ  d’une certaine limite et rĂ©ciproquement (ça s’exprime mĂŞme en termes mathĂ©matiques : c’est la thĂ©orie dite de la dualitĂ©). J’avais dit la dernière fois que le travail taxĂ© Ă  plus de 50 %, c’est du travail classĂ© 'X. Or, c’est bien le niveau moyen atteint par le pillage dĂ©mocrate-social des revenus, au titre de la “sĂ©curitĂ© sociale” ou de l’“Etat”.

Par ailleurs, aucun impĂ´t ne peut manquer de punir le travail : d’abord parce que la plupart des d’impĂ´ts rĂ©putĂ©s voler “les entreprises” amputent les salaires. On l’a vu des “cotisations sociales” et de l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s. C’est aussi vrai de la TVA qui n’est pas une taxe sur la consommation mais un impĂ´t sur la production — paradoxalement, son nom l’indique, les hommes de l’État ont sans doute jugĂ© inutile de mentir sur ce point. Mais plus gĂ©nĂ©ralement, on ne taxe jamais que le travail de quelqu'un. Parce qu’on ne peut voler que la production et que toute richesse est produite par quelqu’un. Quand, par dĂ©magogie, on prĂ©tend “imposer le capital”, on ne vole jamais que le travail du passĂ©.

En outre, voler l’épargne la décourage non moins nécessairement. Et comme on l’a vu, c’est léser les pauvres que décourager la formation du capital.

Les récompenses pour ceux qui ne travaillent pas

On n’annule pas une interdiction de travailler en distribuant des aumĂ´nes volĂ©es : c’est une marque d’aveuglement moral que d’imaginer qu’en leur rendant une part du butin, les hommes de l’État “compenseraient” une partie des vols qu’ils font subir aux pauvres : ils ne font qu’ y confisquer une deuxième fois le pouvoir de dĂ©cision Ă  leur seul profit, amputant la vie des autres aussi bien Ă  l’arrivĂ©e qu’au dĂ©part (comme les bonbons Kiss-cool, la malĂ©diction de l’argent volĂ© a donc un double effet ).

Rappelons que, quand les hommes de l’État subventionnent, soi-disant, telle ou telle “production”, ce n’est jamais pour avoir produit. La production, c’est ce que des clients acceptent de payer ; la distribution du butin, elle, ne rĂ©munère que les efforts faits par les lobbies pour obtenir l’argent volĂ© aux autres. Par consĂ©quent, la redistribution politique socialiste punit toujours le travail et rĂ©compense toujours ceux qui ne travaillent pas.

Or, l’aisance matérielle est secondaire. L’essentiel est de maîriser son existence, et cette aspiration est tellement forte que seule une minorité de gens, principalement âgés, s’attardent dans ce que les statisticiens appellent les tranches de bas revenus. Mais cette aspiration est ce que le matérialisme démocrate-social refuse de reconnaître, et ce caractère transitoire de la pauvreté ce qu’il combat par tous les moyens.

Dans le cas qui nous occupe, les récompenses pour n’avoir pas travaillé sont la trappe qui se referme sur un véritable piège de la pauvreté. Avec l'“indemnisation” du chômage, le RMI et autres avantages, distributions et exemptions fiscales, même les statisticiens gauchistes reconnaissent qu’au voisinage du salaire minimum, celui qui se met à travailler perd de l’argent. En somme, les hommes de l’État ne font même plus semblant de combattre la pauvreté. Désormais, ils s’acharnent à contrecarrer ceux qui cherchent à en sortir.

La redistribution politique socialiste est la cause de la “précarité”

La dernière cause de la pauvreté se trouve dans l’incertitude sociale qui rend précaires et détruit emplois et placements d’épargne. Là aussi les hommes de l’État prétendent corriger les effets d’un aléa qui ne serait pas de leur fait. Là encore, il s’agit d’un mensonge.

Dans L'Etat, Anthony de JASAY rĂ©sume leur sophistique :

"Ce que les versions les plus élaborées de l'idéologie démocrate-sociale [7] prétendent faire admettre est que ce ne serait pas tout à fait l'absence de liberté qui remplace la liberté. Ce serait plutôt la substitution d'une ingérence rationnelle systématique à l'ingérence arbitraire et aléatoire […] que cause "la loterie du darwinisme social qui se fait passer pour une économie de libre marché". La différence salvatrice serait que, tandis que les "loteries sociales" sont causes d'interférences "involontaires", l'Etat les cause pour sa part "délibérément" ce qui […] serait […] un bien moindre mal [8].

On peut toujours échanger l’incertitude et la rareté

Que les hommes de l’État prĂ©tendent assurer la sĂ©curitĂ© au prix de contraintes accrues permet immĂ©diatement de faire remarquer que leur fameux dilemme entre sĂ©curitĂ© et libertĂ© ne les regarde en rien. Car ils pratiquent l’amalgame : on n’a absolument aucun besoin d’eux pour faire l’arbitrage entre l’incertitude et la richesse ou les convertir l’une dans l’autre : c’est ce que permettent et illustrent les techniques de l’assurance et l’industrie financière.

Comme le dit ROTHBARD :

"Dans une société libre, donc, chacun assume […] la "charge de risque appropriée" […]. Bien sûr, ces personnes pourraient volontairement mutualiser leurs risques, comme dans les diverses formes de l'assurance mutuelle, où les risques sont partagés et les perdants indemnisés à partir du pot commun.
Sinon, des spéculateurs pourraient volontairement se charger du risque de changement des prix à venir dont les autres se débarrasseraient par des opérations de couverture sur les marchés. Ou alors, une personne pourrait reprendre les risques de paiement d'une autre, comme dans les exemples de la garantie de bonne fin et autres [9].

A partir du moment oĂą on peut vendre et acheter le risque, sĂ©curitĂ© et richesse sont Ă©quivalents et croire qu'une politique quelconque pourrait directement supprimer la prĂ©caritĂ©, Ă©quivaut Ă  accuser des institutions particulières d’être la cause de la raretĂ© Ă  laquelle tout ĂŞtre humain est nĂ©cessairement confrontĂ© [10]  ; et c’est tout Ă  fait comparable Ă  la mĂŞme accusation imbĂ©cile que les marxistes portent contre la propriĂ©tĂ©. C’est une utopie totalitaire qui, en dĂ©truisant le droit, a pour seul effet d’appauvrir tout le monde, crĂ©ant de ce fait une prĂ©caritĂ© supplĂ©mentaire.

La précarité, c’est d’abord d’être pauvre

L’assurance la plus universelle est d’abord celle que chacun se procure directement par l’épargne personnelle. Quand on n’en a pas… En outre, les assureurs constatent toujours que ce sont les riches qui s'assurent les premiers ; tout cela n’étant qu’une consĂ©quence du fait que le risque peut s’échanger contre de la richesse et rĂ©ciproquement. Bref, la prĂ©caritĂ©, c'est d'abord d'ĂŞtre pauvre.

Les hommes de l’État qui prétendent réduire le risque social n’aboutissent qu’à l’accroître.

Donc, quelque illusion que la pensĂ©e magique du socialisme puisse entretenir Ă  cet Ă©gard, la violence Ă©tatique ne fera jamais disparaĂ®tre l'incertitude, qui est inhĂ©rente Ă  la condition humaine : elle traduit Ă  la fois l'imperfection de notre connaissance et notre capacitĂ© Ă  crĂ©er de l'information.

Concrètement : si l’intervention de l’État ne peut pas rĂ©duire le risque social, c’est que ce sont toujours des personnes qui prennent des risques, et Ă  moins d'un contrĂ´le totalitaire de leurs actes (la surveillance constante de chacun et le pouvoir d’intervenir Ă  tout moment), elles pourront toujours choisir la recherche d'informations, le degrĂ© de prĂ©cautions, le partage et la mutualisation des risques ou l'Ă©pargne personnelle qui l'amèneront au degrĂ© de risque qu’elles seules auront choisi :

l'existence est toujours risquée et incertaine, et il n'existe aucun moyen d'éviter ce fait primordial. Transférer la charge du risque ne peut que le faire supporter à un autre
[…] il n'existe aucun moyen de rĂ©duire le risque par la loi [la raison fondamentale en est que] le risque est un concept de la pensĂ©e, unique pour chaque personne : c'est pourquoi on ne peut le mettre sous aucune forme quantifiĂ©e.
Donc, comme on ne peut comparer aucun degrĂ© de risque personnel Ă  celui d'un autre, on ne peut opĂ©rer aucune mesure gĂ©nĂ©rale du risque. En tant que concept quantitatif, la notion de “risque global” ou “social” est aussi dĂ©pourvue de sens que celle des “coĂ»ts sociaux” et autres “avantages pour la sociĂ©té” des [soi-disant] Ă©conomistes [utilitaristes] :::::(Murray ROTHBARD [11]).

Dans ces conditions, quel est l’effet de la prĂ©dation sous prĂ©texte de “sĂ©curitĂ© sociale” ? En imposant certaines formes d’assurance, forcĂ©ment inadaptĂ©es Ă  la situation de chacun, elle ne fait qu’ entraver la meilleure gestion de leurs risques par les particuliers, contrainte artificielle et inutile qui ne crĂ©e que des gaspillages. Cependant, les hommes de l’État se servent pas seulement de ces vols pour forcer les gens Ă  payer des services dont ils ne veulent pas. Ils s’en servent aussi pour s’enrichir, eux-mĂŞmes et leurs complices. Ce double effet, gaspilleur et redistributif, aggrave la charge du risque pour la plupart, Ă  trois titres :

— ces combines d’assurance forcée à but lucratif pour les hommes de l’État renchérissent inutilement la couverture des risques.
— Les victimes désignées de ces redistributions politiques doivent en plus payer pour les autres.
— Enfin, en subventionnant la prise de risque, elles accroissent la probabilité des pertes (qui seront payées par d’autres). C’est ce qu’on appelle le risque moral.

Bien entendu, ce sont les pauvres, non seulement parce qu’ils le sont mais en outre parce qu’ils sont faibles, que frappe les premiers ce risque politique accru.

Risque marchand et risque politique

Les utopistes de la “protection” accusent la propriĂ©tĂ© naturelle d’accroĂ®tre l’incertitude sous prĂ©texte que la libertĂ© des contrats exacerberait la rivalitĂ© entre les hommes sous la forme d’une “concurrence et destructrice”. Mais par dĂ©finition, libertĂ© des contrats veut dire coopĂ©ration volontaire, et ne porte atteinte Ă  la propriĂ©tĂ© lĂ©gitime de personne ; or, “il n'y a pas de conflit d'intĂ©rĂŞts entre des gens qui ne rĂ©clament pas ce Ă  quoi ils n'ont pas droit” (Ayn RAND). En outre, dans ce cadre, si mon voisin dĂ©sire davantage de chaussures, il ne m'empĂŞche pas d'en obtenir moi-mĂŞme. Bien au contraire, il me rend la chose plus facile (von MISES).

La propriĂ©tĂ© naturelle ne peut donc qu'attĂ©nuer la rivalitĂ© entre les hommes : dans son expression, en lui interdisant de passer par violence et fraude, et dans ses consĂ©quences en la forçant de ce fait Ă  passer par une production meilleure.

C'est au contraire dans la redistribution politique socialiste, par dĂ©finition proscrite dans le rĂ©gime de libertĂ© naturelle, que "le proufict de l'un est la perte de l'autre" (MONTAIGNE [12}). C’est le socialisme qui, ayant aboli la propriĂ©tĂ© dans son principe, livre le bien de chacun Ă  la foire d'empoigne de la politique, interdisant Ă  tous de voir dans leurs semblables autre chose que des agresseurs potentiels ou des proies Ă  dĂ©vorer. Et ce cannibalisme moral-lĂ  crĂ©e par nĂ©cessitĂ© un risque dĂ©mesurĂ© comparĂ© Ă  l’incertitude marchande. Car celle-ci porte sur l’approvisionnement et les dĂ©bouchĂ©s : sa limite est celle de l’intĂ©rĂŞt Ă  Ă©changer. Le risque politique, lui, n’est pas seulement qu’on vous interdise d’échanger (et Dieu sait si on le fait) : il porte sur toutes vos possessions, votre intĂ©gritĂ© physique et mĂŞme votre vie.

Le risque marchand maximum, c’est que vous ne trouviez pas à acheter ou à vendre. Il dépend de vous que vous ne soyez pas aussi mauvais. Le risque politique maximum, c’est d’être dépouillé de tout, de voir sa famille massacrée sous ses yeux, d’être torturé à mort. Et vous savez, de science certaine, qu’il y a des gens capables de vos faire subir ce sort-là.

Et par définition, la propriété naturelle annule le risque politique, alors que le socialisme l’exacerbe. Et l’utopie de la “protection sociale”, fort loin d’atténuer les troubles issus de la rivalité entre les hommes, n’en est au contraire qu’une expression manifeste, et des plus directement destructrices.

L’étatisme démocrate-social, cause essentielle du risque politique

En outre, et de manière plus gĂ©nĂ©rale, ces pertes sont dues Ă  la rĂ©alisation d'un risque politique : elles rĂ©sultent des redistributions mĂŞmes des hommes de l’État.

Car leurs ingĂ©rences imprĂ©visibles ne sont pas la simple usurpation d’un pouvoir social discrĂ©tionnaire : centralisĂ©es, elles crĂ©ent un risque supplĂ©mentaire considĂ©rable en concentrant la dĂ©cision entre quelques mains. Ils peuvent en outre agir de façon autrement arbitraire que des propriĂ©taires privĂ©s, parce qu’ils forcent autrui Ă  payer les consĂ©quences de leurs choix. Le socialisme est irresponsabilitĂ© institutionnelle et entraĂ®ne le risque moral : savoir que les autres paieront encourage les puissants Ă  la nĂ©gligence, Ă  l'imprĂ©voyance (Ă  l'exemple des prĂ©tendus "services publics") et Ă  la prise de risques exagĂ©rĂ©e (Ă  l'exemple des banques nationalisĂ©es françaises), causes de pertes spectaculaires.

La politique monétaire est l'exemple parfait de cette fabrication institutionnelle d'une incertitude massive et parfaitement évitable, qui disparaîtrait dans une société libre. Car elle n’est rendue nécessaire que par l’institution révolutionnaire [13] du monopole d'émission, et revient à planifier la production de monnaie sur le mode soviétique. Elle engendre des crises financières et conjoncturelles à répétition, qui font perdre aux gens et leurs économies et leurs emplois. Le dernier exemple est la crise de 1992-1995, provoquée par la politique monétaire déflationniste dite du franc fort.

Conclusion :

L'intervention étatique ne fait pas disparaître l'aléa social, elle surajoute au contraire à l'incertitude d'origine marchande, dont elle ne fait que transférer les charges à grands frais sur les gens politiquement faibles, une incertitude d'origine politique, forcément bien pire et de surcroît aggravée par l'arbitraire juridique et l'irresponsabilité institutionnelle.

ConsidĂ©rations que JASAY rĂ©sume ainsi :

“il faudrait que l'on puisse constater qu'une plus grande ingérence de l'Etat conduit à une moindre gêne due aux forces imprévues du hasard. S'engager dans l'armée, où tout est organisé, doit signifier que dans les casernes on sera en fait moins exposé aux circonstances accidentelles et aux caprices des autres que si on devait gagner sa vie dans le bazar [14]“.

MĂ©taphore parfaite du leurre de la “sĂ©curitĂ© sociale”: est-ce vraiment pour leur garantir une protection indĂ©finie contre tous les risques que les hommes de l'Etat paient des soldats, et peut-on imaginer comment ils pourraient leur payer mĂŞme cette apparence de "sĂ©curitĂ©"-lĂ  s'ils ne menaçaient pas constamment le "bazar" afin de le dĂ©pouiller ?

La “justice sociale” n’est donc pas seulement un faux concept, destructeur de tout droit. Le souci des pauvres, son prétexte le plus émouvant, si émouvant qu’il suffit à faire disjoncter le cerveau d’un démocrate-chrétien, ne peut justifier qu’une condamnation radicale de touteredistribution politique. Les démocrates-sociaux prétendent, soi-disant, améliorer leur sort. Eh bien la seule manière d’y parvenir c’est qu’ils cessent de les appauvrir. Qu’ils cessent de leur interdire de travailler, de leur voler le fruit de leur travail, d’interdire aux autres de les enrichir, de les maintenir dans la pauvreté par toutes leurs extravagances, récompenses, et surtout par leurs agressions, directes et indirectes

Les dĂ©mocrates-sociaux aiment les pauvres, soi-disant. Pour une fois donnons-leur raison. Ă€ l’évidence, il les aiment tellement qu’ils font ce qu’il faut pour qu’il y en ait sans cesse davantage. Quant aux capitalistes, il est certain qu’eux ne les aiment pas. la preuve, c’est qu’en dĂ©pit de la dĂ©mocratie sociale, ils s’efforcent toujours de faire qu’il y en ait moins. On laissera le dernier mot sur ce point au plus grand Ă©conomiste de tous les temps, Ludwig von MISES, qui Ă©crivait dans L’Action humaine :

Ni la rĂ©flexion, ni l’expĂ©rience ne permettent de penser qu’un autre système social puisse ĂŞtre aussi avantageux pour les masses que ne l’est le capitalisme. Le marchĂ© libre n’a pas besoin d’apologistes. Il lui suffit de s’appliquer Ă  lui-mĂŞme les mots qui figurent sur l’épitaphe de Sir Christopher WREN, architecte de la cathĂ©drale Saint-Paul Ă  Londres : si monumentum requiris, circumspice ; “si c’est un monument qu’il te faut, regarde autour de toi” [15].
François Guillaumat

Notes

[1] Hans-Hermann HOPPE, "The Socialism of Social Engineering and the Foundations of Economic Analysis", chapitre 6 de A Theory of Socialism and Capitalism. Auburn/Dordrecht/Boston : Ludwig von MISES Institute/Kluwer, 1989.
[2] L’État, Paris, les Belles Lettres, 1993
[3] Pour d’autres exemples, cf. le chapitre "Robin des Bois est un vendu" dans David FRIEDMAN, Vers une société sans Etat, Paris, Les Belles Lettres, 1992.
[4] Ludwig von MISES, L’Action humaine, Paris, PUF, 1985, p. 891.
[5] Ibid., p. 897.
[6] Mal le payer n’est en revanche qu’une présomption d’esclavagisme, et dont l’employeur n’est pas le premier suspect, étant donnés tous les moyens indirects que les hommes de l’État ont de rançonner et d’interdire ce travail par ailleurs.
[7] On notera que JASAY n'hĂ©site pas Ă  mettre dans le mĂŞme sac d'une “idĂ©ologie dĂ©mocrate-sociale” de la ”protection sociale” le pseudo-conservatisme qui voudrait empĂŞcher le changement et le pseudo-progressisme qui prĂ©tend seulement annuler ses effets. En effet : pourquoi distinguer analytiquement deux interventionnismes Ă©galement contraires au droit, et qui visent en fait au mĂŞme rĂ©sultat ?
[8] Paris, les Belles Lettres, 1993, p. 170.
[9] Murray ROTHBARD, "Law, Property Rights and Air Pollution", Cato Journal n°1, Spring 1982, pp. 55-99. Réédité dans The Logic of Action vol. II, Cheltenham, Edward Elgar, 1997, p. 136.
[10] historiquement, la Sécurité Sociale française a été imposée par les communistes, mais c'était une invention (en moins fou) du pseudo-conservateur BISMARCK, et Pierre LAROQUE, l'incompétent irresponsable qui l'a instituée, l'avait conçue sous le régime pseudo-conservateur de Vichy.
[11] Murray ROTHBARD, "Law, Property Rights and Air Pollution", Cato Journal n°1, Spring 1982, pp. 55-99. Réédité dans The Logic of Action vol. II, Cheltenham, Edward Elgar, 1997, p. 136.
[12] Essai n° 22. C'est ce que Ludwig von MISES appelait "Le Sophisme de MONTAIGNE", car si c’est vrai du pillage politique, ce ne l’est jamais des relations volontaires entre les gens, par définition avantageuses aux deux parties.
[13] En France, on la doit au nabot jacobin Napoléon BONAPARTE (1803).
[14] L'Etat, p. 170.
[15] L’Action humaine., p. 900.
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